À six heures quarante-deux, le téléphone de Nora vibra contre le plan de travail et traversa la cuisine de deux centimètres avant qu’elle ne le rattrape du plat de la main.
Le grille-pain sauta au même moment. Zoé poussa un cri depuis le couloir, pas à cause du pain, mais parce qu’elle venait de marcher pieds nus dans l’eau que le chat avait renversée. Alex, qui cherchait ses lunettes avec ses lunettes sur le nez, annonça qu’il avait perdu le badge de l’atelier. La radio donnait la circulation sur le périphérique comme si le monde avait eu l’élégance de n’avoir qu’un seul problème à la fois.
Nora retourna son téléphone.
Sur l’écran verrouillé, sous l’heure, son propre nom apparaissait dans la bannière d’un message : **Nora Vannier**.
Elle déverrouilla sans y penser. La conversation ne contenait rien de mystérieux. Une photographie d’un compteur électrique prise la veille, un numéro de casier, une adresse qu’elle s’était envoyée depuis son ordinateur. Elle avait commencé à utiliser ce fil avec elle-même au travail pour ne plus laisser des codes d’accès sur des Post-it. Alex appelait ça « le couple le plus stable de la maison ».
— Tu t’écris encore ? demanda-t-il en ouvrant le placard au-dessus du lave-vaisselle.
— Je me laisse des informations fiables.
— C’est beau, l’amour.
Il retrouva son badge dans la poche de la veste qu’il portait la veille. Nora ne releva pas. Elle avait déjà ouvert l’application familiale.
Sous son nom et celui d’Alex, le point de Zoé était gris.
— Tu as coupé ta localisation ?
Zoé passa la tête dans la cuisine, une chaussette à la main. À quinze ans, elle savait donner l’impression qu’une question lui avait coûté du temps de vie.
— J’ai coupé le partage en permanence.
— Ce n’est pas ce que je demande.
— Si.
Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.