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Je te crois / VOLUME 1

JE TE CROIS

Pauline avait demandé qu’on ne jette rien avant son arrivée. À la clinique des Tilleuls, la consigne avait produit ce qu’elle produisait partout : une chemise grise trop épaisse, trois feuilles qui n’avaient rien à voir entre elles et, dans une pochette transparente, un ticket de bus froissé entre une pièce de deux euros et un reçu de boulangerie.

— Vous collectionnez les déchets, maintenant ? demanda Juliette Marin.

Pauline ne leva pas les yeux. Elle suivait au doigt la chronologie écrite par l’infirmière d’accueil. Huit heures dix-sept, appel des secours depuis un abribus. Huit heures vingt-neuf, arrivée de l’équipe. Huit heures cinquante-deux, admission. À neuf heures six, Samuel Varenne avait donné son nom, sa date de naissance et le numéro de sa sœur sans hésiter. La case « motif » disait : désorientation brève, malaise sans perte de connaissance certaine.

— Seulement ceux qui ont une heure imprimée dessus.

Juliette fit glisser la pochette jusqu’au bord du chariot.

— Neuf heures douze. Le ticket ne prouve pas qu’il était dans le bus.

— Non.

— Il prouve qu’il a acheté un ticket.

— Voilà pourquoi je l’aime déjà.

Juliette eut le sourire bref de quelqu’un qui connaissait assez Pauline pour entendre la plaisanterie et assez peu pour ne pas savoir si elle l’était entièrement.

Le service de courte observation occupait un couloir en L entre la neurologie et la psychiatrie de liaison. On y entendait les portes avant de voir les gens : le souffle amorti des ralentisseurs, le choc sec d’un battant mal réglé, les roues des chariots qui changeaient de son sur la bande de lino réparée. Rien n’y restait longtemps, en principe. Les patients non plus.

Samuel Varenne était là depuis moins d’une heure quand Pauline entra dans sa chambre. Il avait trente-huit ans, un bleu pâle sur la pommette droite et la mine contrariée d’un homme qu’on avait convaincu de s’allonger sans parvenir à lui faire admettre qu’il était malade. Ses chaussures étaient alignées sous la chaise. Sur la tablette, son téléphone vibrait à intervalles réguliers, écran contre le plastique.


Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.

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S / Lecture
AU DOS DE VOTRE PARCOURS

Quelque chose
est resté.

Vous avez suivi une présence, traversé un lieu, regardé un objet. Les histoires ont gardé leur place. Votre passage a laissé une autre trace.

« Une vie dont on se souvient.
Un présent que l’on choisit. »

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Une lettre de l’expérience visuelle, conservée sur cet appareil.
JE TE CROIS — Lecture — APODYOPSIS