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Le parfum qui n'existait pas / VOLUME 1

Le parfum qui n'existait pas

À huit heures vingt, la salle des matières premières sentait le métal froid, le carton humide et la rose qui avait voyagé toute la nuit.

Alma Valette posa son sac sous la paillasse et attendit que la porte coupe le couloir. Il fallait toujours quelques secondes. Les autres entraient dans une pièce ; elle, d’abord, devait laisser disparaître celle qu’elle quittait. Le café de la réception, la lessive du technicien croisé dans l’escalier, la fumée d’un scooter sur le boulevard. Quand ces traces se retiraient, le laboratoire reprenait sa géographie.

Elle ouvrit le flacon de cire d’abeille absolue sans le porter à son nez. Une pointe sur mouillette, deux respirations à distance. Miel sombre, paille chaude, bois frotté. Rien de surprenant. Pourtant, avant même qu’elle cherche un mot, elle sut qu’il y avait un escalier.

Pas l’image d’un escalier. Sa présence.

Une rampe lisse sous une paume. De la pierre fraîche au pied d’une première marche. Une cuisine quelque part à gauche, parce qu’une amertume d’écorce chauffée venait se poser derrière la cire. Puis l’ensemble se défit. Le laboratoire revint avec ses pipettes, ses balances et l’écran où clignotait le brief de Méridienne Habitat.

Alma nota seulement : **cire / agrume amer / pierre fraîche — effet maison avant image**.

Elle faisait souvent cela. Les odeurs précédaient parfois les scènes. C’était même l’un des rares avantages d’un métier que les clients réduisaient volontiers à des adjectifs. On lui demandait « chaleureux, contemporain, premium » ; elle répondait avec des températures, des surfaces, la distance entre deux portes. Une composition tenait mieux quand elle avait un endroit où vivre.

Lila entra avec deux gobelets de porcelaine remplis de mouillettes.

— Tu es déjà sur le 712 ?

— Sur ce qu’il devrait être.

— Ce n’est pas ce que j’ai demandé.

Alma leva les yeux. Lila avait vingt-six ans et l’art de prononcer les phrases anodines comme si elle déposait une réclamation en bonne et due forme.

— Oui, je suis sur le 712.

— Nadir veut qu’on garde la version d’hier pour la stabilité.


Fin de l’extrait. Retrouvez les autres récits de cet univers.

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S / Lecture
AU DOS DE VOTRE PARCOURS

Quelque chose
est resté.

Vous avez suivi une présence, traversé un lieu, regardé un objet. Les histoires ont gardé leur place. Votre passage a laissé une autre trace.

« Une vie dont on se souvient.
Un présent que l’on choisit. »

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Une lettre de l’expérience visuelle, conservée sur cet appareil.
Le parfum qui n'existait pas — Lecture — APODYOPSIS